Par Baptiste Meunier

Le Japon est confronté à la stagnation des salaires malgré le plein emploi. Si l’atonie de facteurs conjoncturels, productivité et anticipations d’inflation, expliquent en partie cette énigme, les caractéristiques structurelles du modèle social pèsent aussi, notamment la dualité de l’emploi. Par conséquent, les perspectives de hausses des salaires, et donc d’inflation, y restent limitées.

Wage growth and unemployment in Japan
Graphique 1 – Croissance des salaires et chômage au Japon Source : OCDE

Les femmes sont sous-représentées dans la gouvernance des banques centrales. En 2018, sur 173 banques centrales, seules 11 sont dirigées par une femme. À elle seule, l’éthique justifie un rééquilibrage hommes-femmes à ce niveau, mais on pourrait se demander si les femmes ont une orientation différente de celle des hommes s’agissant des objectifs de politique monétaire ? Pas nécessairement, si l’on étudie l’histoire des membres du FOMC de la Fed.

Les femmes sont faiblement représentées dans les comités de décision de politique monétaire
Graphique 1. Les femmes sont faiblement représentées dans les comités de décision de politique monétaire Note : CG, Conseil des gouverneurs de la BCE (1998-2018) ; FOMC, Comité fédéral de l’open market de la Fed (1960-2015) ; MPC, Comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre (1997-2018).

Par Stéphane Dupraz

Plusieurs experts renommés au sein de la banque centrale américaine prônent un nouveau cadre de politique monétaire : le ciblage du niveau des prix. De quoi s’agit-il, et quels sont ses avantages et ses inconvénients par rapport au cadre actuel de ciblage de l’inflation ? Son principal mérite serait d’intégrer la politique de maintien de taux bas après une récession – outil jusqu’alors non conventionnel – dans un cadre conventionnel.

Niveaux des prix aux États-Unis et dans la zone euro depuis 1998
Graphique 1. Niveaux des prix aux États-Unis et dans la zone euro depuis 1998.

Par Laurent Ferrara et Charles-Emmanuel Teuf

Quel rôle joue l’environnement international dans les décisions de politique monétaire aux États-Unis ? Pour l’évaluer, nous construisons un indicateur international extrait des « minutes » des comités monétaires de la Fed. Cet indicateur a un effet significatif et négatif sur le taux d’intérêt de la Fed dans une règle de Taylor. Des discussions plus centrées sur l’environnement international seraient ainsi associées à davantage d’assouplissement de la politique monétaire.

Graphique : Indicateur d’environnement international et évènements majeurs de l’économie internationale
Graphique : Indicateur d’environnement international et évènements majeurs de l’économie internationale Note : Les zones grisées correspondent aux principaux événements économiques internationaux. Indicateur construit à partir d’une analyse textuelle des minutes du FOMC (1993-2017), calculs des auteurs

Par Hadrien Camatte et Jean-François Ouvrard

Selon les comptes nationaux révisés en mai 2018, la capacité de financement des sociétés non financières, qui s’est établie à -0,4 point de PIB en 2017, est en légère amélioration depuis 10 ans. Ceci traduit essentiellement la forte baisse des charges financières nettes, alors même que le poids des rémunérations et de l’investissement brut dans la valeur ajoutée a augmenté.

Diagnostic plus favorable sur la capacité de financement des SNF en base
Graphique 1 : Diagnostic plus favorable sur la capacité de financement des SNF en base 2014 (en % du PIB) Source : Insee, comptes nationaux

Les flux d’investissement direct étranger (IDE) sont souvent assimilés à un complément à l’épargne domestique qui faciliterait le financement des projets locaux d’investissement. Toutefois, du fait de l’accroissement de la pression concurrentielle, ils exercent, à court terme, un effet d’éviction sur l’investissement domestique dans les pays en transition. Cet effet est atténué si les marchés financiers locaux sont suffisamment développés.

Les investissements domestiques souffrent d’un effet d’éviction suite à l’entrée des IDE.
Graphique 1 : Les investissements domestiques souffrent d’un effet d’éviction suite à l’entrée des IDE. Note : Courbe bleue foncée : effet des flux d’IDE sur l’investissement domestique ; courbe rouge : IDE greenfield (création d’une nouvelle entreprise ex nihilo) ; droite bleue pointillée : fusions et acquisitions.

Par Stéphane Lhuissier
La crise financière de 2008 et la crise de la dette souveraine dans la zone euro ont entraîné des récessions majeures, alors que l’éclatement de la bulle technologique en 2000 n’a eu qu’un impact macroéconomique modéré. Ce principe du « tout ou rien » résulte du phénomène d’amplification : dans un système financier fragile, les agents sont plus sensibles aux changements des conditions financières.

Graphique 1 – Effets différenciés d’un choc financier négatif sur la production industrielle dans la zone euro
Graphique 1 – Effets différenciés d’un choc financier négatif sur la production industrielle dans la zone euro Note : Réponses impulsionnelles de la production à un choc financier. L’ampleur du choc financier est la même dans les deux cas. La ligne en tiret-points retrace la médiane et les lignes continues correspondent à des intervalles de probabilité de 68 %.

La croissance a baissé par paliers depuis 1970 dans les pays avancés. Pourrons-nous retrouver un jour la croissance du XXème siècle ? L’incertitude porte principalement sur le rythme et la diffusion du progrès technologique. Dans un scénario de stagnation séculaire, la croissance serait de moins de 1,5% dans les pays avancés à l’horizon 2060, contre près de 3% avec un nouveau choc technologique.

Graphique 1: Scénarios de croissance du PIB à l'horizon 2060: Contributions à la croissance du PIB
Graphique 1: Scénarios de croissance du PIB à l’horizon 2060 : Contributions à la croissance du PIB Source : Cette, Lecat, Ly-Marin (2017)

Par Jean Dalbard et Benoit Nguyen

En décembre 2018, l’Eurosystème aura acheté plus de 2500 milliards d’euros d’actifs dans le cadre de ses programmes d’achat (APP). Plusieurs principes encadrent ces achats, dont celui de « neutralité de marché ». Cette dernière vise à limiter les effets potentiellement distorsifs des achats sur le fonctionnement des marchés financiers, tout en permettant la transmission du stimulus monétaire à l’économie. Nous l’illustrons dans ce billet en comparant les techniques d’achats de l’Eurosystème à celles des autres banques centrales.

Graphique 1 : structure de la dette souveraine française et achats de l’APP, par maturité (mars 2018)
Graphique 1 : structure de la dette souveraine française et achats de l’APP, par maturité (mars 2018) Source : Bloomberg, Arrata et Nguyen (2017)

Les objectifs d’inflation de la BCE et du Système fédéral de réserve impliquent un suivi étroit des mesures des anticipations d’inflation. À l’aide de quelles sources et de quelle manière l’ancrage de ces anticipations est-il mesuré ? Pour répondre à ces questions, ce billet rend compte d’une nouvelle approche : le calcul de la probabilité que l’inflation future se situe dans une fourchette compatible avec les objectifs d’inflation.

Graphique 1 Mesures de l’ancrage des anticipations d’inflation dans la zone euro et aux États-Unis (1999-2016)
Graphique 1 : Mesures de l’ancrage des anticipations d’inflation dans la zone euro et aux États-Unis (1999-2016) Source : Grishchenko, Mouabbi et Renne (2017)

Par Guy Levy-Rueff

Les ratios de dette publique française et allemande (en % du PIB) étaient proches au début des années 2000. Depuis 2010, ce ratio décroît rapidement en Allemagne, mais a continué à progresser en France. Une modélisation simple montre que le contexte économique et financier est maintenant favorable pour enclencher une diminution durable de la dette publique française, à condition d’amplifier l’effort de modération des dépenses publiques.

Dette  publique en % du PIB  en France et en Allemagne selon différents scénarios
Graphique 1 : Dette publique en % du PIB en France et en Allemagne selon différents scénarios Sources : Eurostat sur le passé, calculs BdF sur le futur

Par Hadrien Camatte et Guillaume Gaulier 

La contribution du commerce extérieur à la croissance française a été très négative entre 2014 et 2016. Si la spécialisation sectorielle française est en moyenne plus porteuse que celle de ses partenaires européens, elle implique aussi une dépendance envers un nombre limité de secteurs. Or, ce sont les difficultés rencontrées par ces points forts de la spécialisation qui expliquent pour une large part la rechute du solde commercial français de 2014 à 2016.

Contributions cumulées à la croissance du taux de couverture en biens hors énergie (en %)
Graphique 1 : Contributions cumulées à la croissance du taux de couverture en biens hors énergie (en %) Source : Douanes, calculs des auteurs

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