En France, la flexibilité du marché du travail repose essentiellement sur les salariés en CDD et intérim. Ceux-ci sont moins bien rémunérés, reçoivent moins de formations et obtiennent difficilement un CDI. Cette dualité du marché du travail crée des difficultés sociales et économiques. Des politiques publiques sont envisageables pour favoriser les transitions vers les CDI.

Par Louis de Charsonville, Violaine Faubert et Antoine Sigwalt

Depuis début 2016, l’inflation sous-jacente française est nettement inférieure à la moyenne de la zone euro. Cet écart s’explique par des différences de fondamentaux économiques, comme le rétablissement plus modeste du marché du travail en France que dans l’ensemble de la zone, et, plus récemment, par des chocs temporaires, comme la baisse du prix des communications.

Bruno Cabrillac et Francesco Pappadà

La capacité de recouvrement en matière de TVA est procyclique, et elle réagit négativement et significativement aux relèvements des taux d’imposition. Les pays qui présentent une forte sensibilité de la capacité de recouvrement ont une plus faible capacité à rembourser leurs dettes et sont donc confrontés à un risque de défaut plus élevé. L’émission d’obligations indexées sur le PIB peut protéger ces pays du risque conjugué en phase descendante du cycle de hausse du ratio de dette/PIB et de baisse des recettes fiscales.

Les effets du taux de change sur les exportations des entreprises européennes dépendent fortement de leur productivité. Les exportations des entreprises les plus productives réagissent moins au taux de change que celles des entreprises peu productives. À l’échelle macroéconomique, cela tend à réduire les effets du taux de change sur le commerce.

Par Yannick Kalantzis et Camille Thubin

La part de l’industrie manufacturière dans le PIB français a baissé de 9 points en quarante ans. Cette évolution s’explique surtout par le progrès technique et les préférences des consommateurs. Le commerce extérieur n’a joué qu’un rôle secondaire.

Par Guillaume Gaulier et Jean-François Ouvrard

Le rebond d’activité en France s’est accompagné d’une accélération des importations. Ce dynamisme traduit l’ouverture des économies et la cyclicité des composantes de la demande. À moyen terme 1 euro supplémentaire de demande ne génère pas plus de 0,33 euro d’importations (leur poids dans le PIB) ; mais deux à trois points de croissance des importations restent difficiles à expliquer depuis mi-2016.

Par Gilbert Cette, Laure Frey et Gilles Moec[1]

La Fed justifie la faiblesse actuelle de l’inflation malgré un marché de l’emploi dynamique par l’impact de facteurs transitoires sur les prix. Lors d’une situation proche à la fin des années 1990, les révisions apportées ultérieurement aux statistiques de coût du travail révélèrent une erreur de diagnostic qui ne s’est toutefois pas traduite par une erreur de politique monétaire.

Par Marie Aouriri et Héloïse Tournoux

Le débat sur les dépenses publiques justifie des comparaisons fines. L’écart Franco-Allemand sur les masses salariales publiques dépasse 5 points de PIB depuis plus de 20 ans. Il est surestimé de près de 2 points par les emplois hospitaliers (non comptabilisés en emploi public en Allemagne). Pour l’enseignement, plus d’un point s’explique par la démographie et des différences d’organisation. Pour autant, sur les autres fonctions, un surcroît significatif de 2 points subsiste.

Par Sanvi Avouyi-Dovi, Françoise Drumetz et Guillaume Horny

En France, début 2015, les taux d’intérêt des nouveaux crédits bancaires aux entreprises ont fortement baissé ; cette baisse durable, plus forte pour les crédits aux taux élevés, faisait suite à l’annonce de l’assouplissement quantitatif de la BCE. Sans changement significatif des caractéristiques des entreprises emprunteuses, elle atteste de l’amélioration des conditions de financement.

Par Clément Mazet-Sonilhac et Jean-Stéphane Mésonnier

En France, le coût des fonds propres (Cost of Equity) des sociétés non-financières a fortement crû lors des crises de 2007-2009 et de 2011-2012, tiré par une hausse de la prime de risque sur actions. Le COE mesure en effet le rendement attendu pour acquérir ou conserver une action vu son risque. Il dépassait souvent depuis 2007 la rentabilité des fonds propres (Return on Equity). Depuis 2016, le COE est inférieur au ROE pour les grandes entreprises non-financières cotées françaises ; ceci favorise l’investissement productif.

L’incertitude relative à la trajectoire future des taux d’intérêt exerce un impact négatif sur l’économie. Une nouvelle mesure de l’incertitude sur les taux d’intérêt a été élaborée pour les pays du G7, l’Espagne et la Suède, sur la période 1993-2015. Une incertitude sur les taux d’intérêt d’une ampleur telle que celle observée durant la crise récente peut entraîner une baisse de la production allant jusqu’à 3,8 %, une baisse de l’inflation mesurée par l’IPC allant jusqu’à 1 point de pourcentage et une hausse du chômage jusqu’à 1,2 points de pourcentage.

Morgan Després, Édouard Vidon

Le renforcement de l’intégration financière, via les marchés de capitaux, peut soutenir la croissance et la résilience de l’économie européenne en encourageant l’ investissement transfrontière en fonds propres. L’achèvement de l’Union bancaire nécessite de réaliser en parallèle des progrès dans la réduction du risque de crédit et dans le partage des risques, tout en gardant sous contrôle les risques systémiques. Ces priorités doivent être considérées comme faisant partie d’un même plan d’action et sont d’autant plus cruciales à l’horizon du Brexit.

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