Par Gilbert Cette et Jean-François Ouvrard

Les évolutions du partage de la valeur ajoutée font l’objet de nombreux débats. En France, le diagnostic dépend largement du champ plus ou moins agrégé sur lequel porte l’analyse et il diffère selon les branches, avec depuis la crise une poursuite de la hausse de la part du travail dans les services marchands et un repli à la baisse dans l’industrie.

Graphique 1 : Part du travail dans la valeur ajoutée (Part en % du coût du travail dans la valeur ajoutée brute aux coûts des facteurs) Source : Insee, calculs des auteurs

Par Pierre Sicsic.

En France, le taux d’investissement brut des sociétés non financières est sur une tendance ascendante, d’un demi-point supérieur en 2016 au pic précédent de 2007-2008. Toutefois, après déduction de la dépréciation du capital, le taux d’investissement net, concept qui correspond à l’accroissement du capital utilisable pour la production, est inférieur d’un point au pic de 2008 et au niveau du milieu des années 2000. La progression de la dépréciation provient de l’augmentation à la fois du capital par unité produite et du taux de dépréciation moyen, elle-même liée au poids plus important de l’immatériel dans l’investissement.

Graphique 1 : Taux d’investissement brut et net en France en volume (approximation SNF-EI) Sources : tableaux 6.302 et 6.462 et de la Comptabilité Nationale Annuelle. Le taux d’investissement en valeur des SNF est de 23,3% en 2008 et 2016, Tableau 7.101.

En vigueur au sein de nombreux pays de l’OCDE, l’activité partielle vise à préserver l’emploi au sein des établissements confrontés à des difficultés conjoncturelles. Si ce dispositif a permis de sauvegarder des emplois pendant la Grande Récession de 2008-2009, il peut aussi avoir des effets pervers sur l’économie. Des réformes judicieuses permettraient de minimiser ces effets.

Graphique 1 : Activité partielle et croissance Source : OCDE.

Par Bruno Cabrillac, Ludovic Gauvin, Jean-Baptiste Gossé, Florian Lalanne

Dans les pays où la dette publique est très élevée, un choc important pourrait empêcher de mener des politiques budgétaires contra-cycliques et accroître le risque de défaut. Des obligations indexées sur le PIB permettraient d’atténuer ces risques et d’éviter une restructuration coûteuse et déstabilisante. Une analyse contrefactuelle du cas grec illustre cette idée.

Graphique 1. Dette publique grecque : données observées et scenario sans restructuration avec des obligations indexées sur le PIB (en % du PIB) Source : FMI et calculs des auteurs. * En 2012 la dette grecque a été restructurée par le biais d’un Private Sector Involvement impliquant une décote de €107 milliards.

La part des importations des pays à bas salaire dans la consommation des ménages français a triplé de 1994 à 2014. Moins chères, ces importations ont exercé des pressions à la baisse sur l’inflation en France de 0,17 pp par an en moyenne. Cet effet direct des importations depuis 1994 représenterait un gain d’environ 1000 euros sur la consommation moyenne par ménage en 2014. Ne sont toutefois pas pris en compte ici les effets indirects de l’ouverture au commerce international sur le pouvoir d’achat, via les salaires et l’emploi.

Graphique 1 : Part des importations dans la consommation (en %) Source : Carluccio et al. (2018) à partir des données des Douanes et de l’Insee Note : Seules les importations de biens finaux entrant directement dans la consommation des ménages sont comptabilisées.

Par Violaine Faubert et Antoine Lalliard

Depuis 2008, seul le nombre d’emplois occupés par des plus de 50 ans a continûment progressé en zone euro, conséquence du vieillissement de la population et de l’augmentation de l’âge effectif de départ à la retraite. A l’inverse, l’emploi des moins de 50 ans affiche une nette baisse sur la même période, en dépit de sa stabilisation récente. Toutefois, la catégorie des plus de 60 ans est la seule à n’avoir pas vu son salaire horaire progresser entre 2010 et 2014.

Graphique 1: Nombre d’emplois dans la zone euro par classe d’âge et pour l’ensemble de la population de 15 à 74 ans. Écart au premier trimestre 2008 (milliers) Source : Eurostat.

Par Pierre Sicsic

En France, le taux de marge brut des sociétés non financières (SNF) a atteint 32% en 2016, soit le niveau du début des années 2000. Leur taux de marge net est de 15% en 2016 contre 18% dans les années 2000. Ainsi, les agrégats « nets » de la dépréciation du capital donnent une image différente du compte des SNF. En outre, leur taux d’épargne net serait voisin de zéro : leur stock de capital fixe ne s’accroîtrait alors que par des financements externes.

Graphique 1 : Taux de marge brut et net des SNF françaises Source : Insee, tableau 7.101. Compte des sociétés non financières (S11).

Cette étude montre que les mesures budgétairement neutres – c’est-à-dire les changements dans la composition des dépenses et des recettes de l’État qui laissent le budget inchangé ex ante – peuvent stimuler la croissance économique. Toutefois, tous les ménages ne sont pas affectés de manière égale. De plus, les effets macroéconomiques sont plus importants lorsque ces mesures sont accompagnées d’une politique monétaire accommodante.

Graphique 1 : PIB et investissement privé Source : Bussière et al (2017)

Par Marie-Élisabeth de la Serve, Sophie Haincourt, Clément Marsilli

Moins de deux mois après l’adoption du Tax Cuts and Jobs Act, réduisant l’imposition des ménages et entreprises, le Congrès américain a voté un accord budgétaire qui accroît les dépenses publiques pour 2018 et 2019. Les effets sur l’économie américaine sont à double tranchant : 1,4 point de croissance supplémentaire sur deux ans mais creusement des déficits commercial et public à 4% et 6% du PIB respectivement. La dépréciation récente du dollar pourrait refléter les inquiétudes accrues des investisseurs internationaux.

Graphique 1 – États-Unis : solde fédéral et cycle économique depuis 1960 Sources : Données du Bureau of Fiscal Service, Bureau of Labor Statistics et CBO ; Calculs des auteurs.

Si prédire les crises financières était aisé, les éviter le serait tout autant pour les autorités macroprudentielles. Les méthodes statistiques de prévision des crises financières se perfectionnent mais se heurtent à la difficulté que ces dernières restent des événements rares (fort heureusement) et soudains. Nous exposons ici l’intérêt des « systèmes d’alerte avancée» tout en montrant les limites dues au fait que le système financier est en constante mutation.

Par Benoit Mojon et Xavier Ragot

La faiblesse de l’inflation salariale pourrait être un écho de la forte augmentation de l’offre de travail des plus de 55 ans. De fait, le taux de participation de ces travailleurs a considérablement augmenté depuis le milieu des années 1990. Il est passé de 33 à 55 % en moyenne dans l’OCDE. On observe que depuis 2013, les pays où cette augmentation de l’offre de travail des travailleurs en fin de carrière a le plus augmenté sont aussi ceux où l’inflation salariale a été la plus modérée.

Graphique 1: Inflation salariale et participation des travailleurs de plus de 55 dans les pays du G7

D’après certaines critiques, l’Eurosystème aurait pris trop de risques pour combattre la crise en acceptant des collatéraux de mauvaise qualité en garantie de ses opérations de refinancement. L’analyse exhaustive des collatéraux déposés auprès de la banque centrale conduit à réfuter ces critiques. Leur qualité a suivi celle des actifs disponibles sur le marché, et s’est fortement améliorée après l’annonce du Quantitative Easing.

Graphique 1. Qualité moyenne des actifs déposés en garantie auprès de l’Eurosystème et des actifs disponibles sur le marché (éligibles à la banque centrale) Source : Eurosystème, calculs des auteurs. Note : Les pays EPIGI sont l’Espagne, Portugal, Italie, Grèce, Irlande. Ne sont considérés ici que les actifs négociables.

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