Billet n°85
Publié le 18/09/2018

Par Hadrien Camatte et Jean-François Ouvrard

Selon les comptes nationaux révisés en mai 2018, la capacité de financement des sociétés non financières, qui s’est établie à -0,4 point de PIB en 2017, est en légère amélioration depuis 10 ans. Ceci traduit essentiellement la forte baisse des charges financières nettes, alors même que le poids des rémunérations et de l’investissement brut dans la valeur ajoutée a augmenté.

Diagnostic plus favorable sur la capacité de financement des SNF en base
Graphique 1 : Diagnostic plus favorable sur la capacité de financement des SNF en base 2014 (en % du PIB) Source : Insee, comptes nationaux
Billet n°84
Publié le 13/09/2018

Les flux d’investissement direct étranger (IDE) sont souvent assimilés à un complément à l’épargne domestique qui faciliterait le financement des projets locaux d’investissement. Toutefois, du fait de l’accroissement de la pression concurrentielle, ils exercent, à court terme, un effet d’éviction sur l’investissement domestique dans les pays en transition. Cet effet est atténué si les marchés financiers locaux sont suffisamment développés.

Les investissements domestiques souffrent d’un effet d’éviction suite à l’entrée des IDE.
Graphique 1 : Les investissements domestiques souffrent d’un effet d’éviction suite à l’entrée des IDE. Note : Courbe bleue foncée : effet des flux d’IDE sur l’investissement domestique ; courbe rouge : IDE greenfield (création d’une nouvelle entreprise ex nihilo) ; droite bleue pointillée : fusions et acquisitions.
Billet n°83
Publié le 11/09/2018

Par Stéphane Lhuissier
La crise financière de 2008 et la crise de la dette souveraine dans la zone euro ont entraîné des récessions majeures, alors que l’éclatement de la bulle technologique en 2000 n’a eu qu’un impact macroéconomique modéré. Ce principe du « tout ou rien » résulte du phénomène d’amplification : dans un système financier fragile, les agents sont plus sensibles aux changements des conditions financières.

Graphique 1 – Effets différenciés d’un choc financier négatif sur la production industrielle dans la zone euro
Graphique 1 – Effets différenciés d’un choc financier négatif sur la production industrielle dans la zone euro Note : Réponses impulsionnelles de la production à un choc financier. L’ampleur du choc financier est la même dans les deux cas. La ligne en tiret-points retrace la médiane et les lignes continues correspondent à des intervalles de probabilité de 68 %.
Billet n°82
Publié le 30/08/2018

La croissance a baissé par paliers depuis 1970 dans les pays avancés. Pourrons-nous retrouver un jour la croissance du XXème siècle ? L’incertitude porte principalement sur le rythme et la diffusion du progrès technologique. Dans un scénario de stagnation séculaire, la croissance serait de moins de 1,5% dans les pays avancés à l’horizon 2060, contre près de 3% avec un nouveau choc technologique.

Graphique 1: Scénarios de croissance du PIB à l'horizon 2060: Contributions à la croissance du PIB
Graphique 1: Scénarios de croissance du PIB à l’horizon 2060 : Contributions à la croissance du PIB Source : Cette, Lecat, Ly-Marin (2017)
Billet n°81
Publié le 28/08/2018

Par Jean Dalbard et Benoit Nguyen

En décembre 2018, l’Eurosystème aura acheté plus de 2500 milliards d’euros d’actifs dans le cadre de ses programmes d’achat (APP). Plusieurs principes encadrent ces achats, dont celui de « neutralité de marché ». Cette dernière vise à limiter les effets potentiellement distorsifs des achats sur le fonctionnement des marchés financiers, tout en permettant la transmission du stimulus monétaire à l’économie. Nous l’illustrons dans ce billet en comparant les techniques d’achats de l’Eurosystème à celles des autres banques centrales.

Graphique 1 : structure de la dette souveraine française et achats de l’APP, par maturité (mars 2018)
Graphique 1 : structure de la dette souveraine française et achats de l’APP, par maturité (mars 2018) Source : Bloomberg, Arrata et Nguyen (2017)
Billet n°80
Publié le 21/08/2018

Les objectifs d’inflation de la BCE et du Système fédéral de réserve impliquent un suivi étroit des mesures des anticipations d’inflation. À l’aide de quelles sources et de quelle manière l’ancrage de ces anticipations est-il mesuré ? Pour répondre à ces questions, ce billet rend compte d’une nouvelle approche : le calcul de la probabilité que l’inflation future se situe dans une fourchette compatible avec les objectifs d’inflation.

Graphique 1 Mesures de l’ancrage des anticipations d’inflation dans la zone euro et aux États-Unis (1999-2016)
Graphique 1 : Mesures de l’ancrage des anticipations d’inflation dans la zone euro et aux États-Unis (1999-2016) Source : Grishchenko, Mouabbi et Renne (2017)
Billet n°79
Publié le 27/07/2018

Par Guy Levy-Rueff

Les ratios de dette publique française et allemande (en % du PIB) étaient proches au début des années 2000. Depuis 2010, ce ratio décroît rapidement en Allemagne, mais a continué à progresser en France. Une modélisation simple montre que le contexte économique et financier est maintenant favorable pour enclencher une diminution durable de la dette publique française, à condition d’amplifier l’effort de modération des dépenses publiques.

Dette  publique en % du PIB  en France et en Allemagne selon différents scénarios
Graphique 1 : Dette publique en % du PIB en France et en Allemagne selon différents scénarios Sources : Eurostat sur le passé, calculs BdF sur le futur
Billet n°78
Publié le 25/07/2018

Par Hadrien Camatte et Guillaume Gaulier 

La contribution du commerce extérieur à la croissance française a été très négative entre 2014 et 2016. Si la spécialisation sectorielle française est en moyenne plus porteuse que celle de ses partenaires européens, elle implique aussi une dépendance envers un nombre limité de secteurs. Or, ce sont les difficultés rencontrées par ces points forts de la spécialisation qui expliquent pour une large part la rechute du solde commercial français de 2014 à 2016.

Contributions cumulées à la croissance du taux de couverture en biens hors énergie (en %)
Graphique 1 : Contributions cumulées à la croissance du taux de couverture en biens hors énergie (en %) Source : Douanes, calculs des auteurs
Billet n°77
Publié le 19/07/2018

Personne ne gagnerait à une guerre commerciale. Un relèvement généralisé de 10 points de pourcentage des droits de douane à l’importation pourrait réduire le PIB mondial de 1 % après deux ans. En outre, une baisse de la productivité, une hausse du coût de financement du capital et une plus faible demande d’investissement viendraient augmenter le coût du protectionnisme. Au total, la réduction du PIB mondial en volume atteindrait 3 % en deux ans.

Impact d’une hausse généralisée de 10 pp des droits de douane sur le PIB mondial en volume
Graphique 1 : Impact d’une hausse généralisée de 10 pp des droits de douane sur le PIB mondial en volume Source : calcul des auteurs
Billet n°76
Publié le 17/07/2018

Par Julia Schmidt (avec Walter Steingress)

Les conflits commerciaux actuels se focalisent sur les droits de douane à l’importation, mais les barrières non tarifaires représentent encore une part importante des obstacles au commerce. L’harmonisation entre pays des normes réglementant les produits réduirait ces obstacles et équivaudrait à une baisse de 1,8 pp des droits de douane à l’importation, par rapport à un taux moyen de 2,0 % appliqué par l’UE.

Graphique 1 : Indice de restriction au commerce
Graphique 1 : Indice de restriction au commerce Source : Indice mondial de restriction au commerce par Kee et al. (2009). Les données utilisées ont été calculées pour l’année 2009. Sect. manuf. = Secteur manufacturier.
Billet n°75
Publié le 04/07/2018

Par Cyril Couaillier et Julien Idier

Les cycles financiers se décomposent en quatre phases au cours desquelles l’intensité des risques financiers évolue. La crise qui suit le retournement de cycle financier est d’autant plus prononcée que les risques se sont accumulés en phase haussière. La politique macroprudentielle vise à limiter l’impact des crises financières sur l’économie réelle : la décision d’activation du coussin contra-cyclique en France répond à cet impératif.

Les quatre saisons du cycle financier
Graphique 1 : Les quatre saisons du cycle financier
Billet n°74
Publié le 28/06/2018

Par Françoise Drumetz et Rémy Lecat

Malgré un taux de chômage encore élevé, des difficultés de recrutement ont déjà commencé à apparaître en France. Le taux de chômage actuel se rapproche de son niveau structurel, mais les salaires ont été peu dynamiques. Ces tensions reflètent en partie des effets temporaires, usuels quand les créations d’emploi sont fortes. À moyen terme, une formation professionnelle plus efficace permettrait d’abaisser le niveau du taux de chômage à partir duquel des tensions se manifestent.

Graphique 1 : Rigidité à la baisse du chômage en France ? Taux de chômage minimum, maximum et moyen sur 1985-2017
Graphique 1 : Rigidité à la baisse du chômage en France ? Taux de chômage minimum, maximum et moyen sur 1985-2017 Source : Eurostat

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