Billet n°56
Publié le 28/03/2018

Si prédire les crises financières était aisé, les éviter le serait tout autant pour les autorités macroprudentielles. Les méthodes statistiques de prévision des crises financières se perfectionnent mais se heurtent à la difficulté que ces dernières restent des événements rares (fort heureusement) et soudains. Nous exposons ici l’intérêt des « systèmes d’alerte avancée» tout en montrant les limites dues au fait que le système financier est en constante mutation.

Billet n°55
Publié le 23/03/2018

Par Benoit Mojon et Xavier Ragot

La faiblesse de l’inflation salariale pourrait être un écho de la forte augmentation de l’offre de travail des plus de 55 ans. De fait, le taux de participation de ces travailleurs a considérablement augmenté depuis le milieu des années 1990. Il est passé de 33 à 55 % en moyenne dans l’OCDE. On observe que depuis 2013, les pays où cette augmentation de l’offre de travail des travailleurs en fin de carrière a le plus augmenté sont aussi ceux où l’inflation salariale a été la plus modérée.

Graphique 1: Inflation salariale et participation des travailleurs de plus de 55 dans les pays du G7
Billet n°54
Publié le 21/03/2018

D’après certaines critiques, l’Eurosystème aurait pris trop de risques pour combattre la crise en acceptant des collatéraux de mauvaise qualité en garantie de ses opérations de refinancement. L’analyse exhaustive des collatéraux déposés auprès de la banque centrale conduit à réfuter ces critiques. Leur qualité a suivi celle des actifs disponibles sur le marché, et s’est fortement améliorée après l’annonce du Quantitative Easing.

Graphique 1. Qualité moyenne des actifs déposés en garantie auprès de l’Eurosystème et des actifs disponibles sur le marché (éligibles à la banque centrale) Source : Eurosystème, calculs des auteurs. Note : Les pays EPIGI sont l’Espagne, Portugal, Italie, Grèce, Irlande. Ne sont considérés ici que les actifs négociables.
Billet n°53
Publié le 15/03/2018

La prime de terme US est très faible en comparaison historique. Une hausse inattendue de 1 point de pourcentage (pp) de cette prime pourrait réduire la croissance du PIB de 0,4 pp aux US et de 0,25 pp dans la zone euro. Ces effets seraient moins importants si les autorités monétaires contraient la baisse de l’inflation.

Figure 1 : Primes de terme à 10 ans aux États-Unis, en Allemagne et dans la zone euro Note : Les primes de terme sur les obligations publiques à 10 ans sont estimées par NIESR. La prime de terme dans la zone euro correspond ici à la moyenne des primes de terme des pays membres, pondérée de la clé de répartition du capital de la BCE.
Billet n°52
Publié le 09/03/2018

Par Eric Monnet et Angel Gomez

L’écart d’inflation sous-jacente entre États-Unis (US) et zone euro (ZE) est dû essentiellement au poids des loyers dans les indices des prix. Depuis le billet de l’année dernière sur la question, ce constat est confirmé : l’inflation sous-jacente hors loyers est actuellement plus faible aux États-Unis qu’en zone euro, mais l’inflation sous-jacente reste nettement plus élevée aux États-Unis.

Graphique 1 : Inflation sous-jacente vs inflation sous-jacente hors loyers (données trimestrielles). Sources : IPC (BLS) pour les US et IPCH (Eurostat) pour la ZE
Billet n°51
Publié le 07/03/2018

En 2017, diverses études ont relancé le débat aux États-Unis sur la place des femmes dans la profession d’économistes, ainsi que sur les freins à lever pour la développer. La part de femmes économistes est faible dans la plupart des pays (19 % en moyenne mondiale), dans tous les champs de l’économie et stagne dans le temps. Il existe cependant des différences entre pays. En France, par exemple, la part des femmes est un peu plus élevée, notamment pour les maîtres de conférence.

Carte 1 : Part de femmes-économistes par pays Source : Female representation in Economics, RePEc, janvier 2018
Billet n°50
Publié le 28/02/2018

Par Yannick Kalantzis et Jean-François Ouvrard

Une hausse de 10 EUR du prix du pétrole augmente les prix à la consommation de 0,4% en zone euro et en France. Une partie non négligeable de cette hausse vient des composantes hors énergie des prix à la consommation. Cet effet indirect s'élève à 0,1 point en zone euro et 0,15 point en France.

Inflation en zone euro observée et simulée avec un prix du pétrole constant (glissements annuels en %) Source : Eurostat, calculs des auteurs ; note : à chaque date, le prix du pétrole est supposé constant sur les deux années qui précèdent.
Billet n°49
Publié le 22/02/2018

Depuis 2008, en France, les salaires minima de branche ont progressivement ralenti en termes nominaux. Dans un contexte d’inflation proche de zéro, ils ont augmenté à un rythme inférieur à 1% par an depuis 2014. Ces hausses de salaires négociés dépendent de l’inflation passée et de l’évolution du Smic. Le début de redressement de l’inflation observé en 2017 pourrait donc entraîner une hausse nominale un peu plus élevée des salaires négociés en 2018.

Billet n°48
Publié le 20/02/2018

Par Édouard Jousselin avec Simon Ray

En France, le marché de l’immobilier a poursuivi sa reprise en 2017. Il est soutenu par la capacité d’emprunt des ménages : les revenus ont progressé et les conditions de crédit sont restées favorables. Cette situation s’explique par des taux bas et une durée d’emprunt longue. Après avoir augmenté de 20 % entre 2014 et 2016, la capacité d’emprunt des ménages s’est stabilisée en 2017.

Graphique 1 : Maintien de la reprise du marché immobilier en 2017 - Glissement annuel en % Sources : Insee-Notaires ; Ministère de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer.
Billet n°47
Publié le 13/02/2018

Google, Apple, Facebook, Amazon, ces entreprises géantes illustrent un phénomène plus général de concentration qui touche tous les secteurs aux États-Unis. Cette tendance contribue à la hausse de la part des profits et à la baisse de celle du travail dans le revenu intérieur, ainsi qu’à l’accroissement des inégalités. Elle est associée à une baisse du taux de création de nouvelles entreprises et de nouveaux emplois, pouvant peser à terme sur la croissance américaine.

Billet n°46
Publié le 30/01/2018

Par Pierre Sicsic et Antoine Sigwalt

Au troisième trimestre 2017, l’emploi salarié en France progresse de plus de 40 mille selon les sources administratives fournies par les employeurs. A contrario, le taux de chômage augmente de 9,2 % à 9,4 % en France métropolitaine selon l’enquête emploi auprès de ménages. Cette divergence peut en principe provenir des évolutions de la population active. Elle renvoie aussi en pratique à des différences entre les deux sources quant à la mesure des variations trimestrielles de l’emploi.

Billet n°45
Publié le 18/01/2018

Par Christoph Grosse Steffen, Adriana Lojschova et Adrian Penalver

La politique monétaire non conventionnelle a rouvert le débat sur la guerre des monnaies. La Réserve fédérale américaine a commencé la normalisation de son bilan; ceci a suscité la crainte de répercussions internationales. Toutefois, les effets des politiques conventionnelles et non conventionnelles sont peu différents. Une plus grande coordination internationale n’est donc ni plus ni moins appropriée avec deux instruments qu’avec un seul.

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