Stabilité Financière

Par Bruno Cabrillac et Baptiste Meunier

Les positions extérieures nettes (PEN) des pays du G20 divergent depuis 1990. Si cela résulte en partie de déséquilibres persistants des soldes de biens et services, les PEN ont leur propre dynamique : le portefeuille génère revenus et plus ou moins-values. Cette dynamique a eu un effet stabilisateur au prix de risques financiers pour certains débiteurs, par ex. les États-Unis, et d’une accumulation excessive d’actifs sûrs par certains créditeurs.

Graphique 1 – Effets financiers et facteurs réels Sources : Lane et Milesi-Ferretti (2017), calculs des auteurs

Par Irena Peresa et Edouard Vidon

Avec le ralentissement de la croissance et le désendettement des entreprises, l’intervention de l’État dans certaines banques chinoises est à nouveau d’actualité. Le rôle des sociétés de gestion d’actifs (AMC), créées il y a 20 ans pour soutenir les principales banques chinoises, a radicalement changé. Face au problème des créances douteuses, il faut en priorité développer le marché secondaire des NPL.

Graphique 1 : À l’origine quatre AMC avaient été créées pour soutenir les principales banques détenues par l’État. Source : Auteurs

Globalement, les politiques prudentielles françaises entraînent une réduction des prêts des banques étrangères aux résidents français. Mais certaines mesures peuvent induire des fuites nuisant aux objectifs des autorités : sur la période 2011-2017, les exigences en fonds propres de Bâle ont accru de 1,1 % (+1,5 milliard d’euros) en moyenne l’exposition sur la France des sociétés affiliées de banques étrangères.

Graphique 1 Exposition des banques étrangères sur la France (en % de la dette bancaire totale des résidents français)
Graphique 1 Exposition des banques étrangères sur la France (en % de la dette bancaire totale des résidents français) Source : Statistiques bancaires consolidées BRI (CBS) – Emprunteur direct- et calcul des auteurs.

Par Aurélien Violon, Dominique Durant et Oana Toader

Soumises à une réglementation plus contraignante, les banques systémiques mondiales ─ celles dont la faillite pourrait affecter l’activité économique ─ ont infléchi plus que les autres la croissance de leur actifs et réduit ce faisant leur part dans l’actif bancaire global. Nous montrons qu’elles n’ont pas pour autant diminué leurs prêts à l’économie. Les objectifs du G20 ont ainsi été atteints : plus de résilience des banques systémiques en cas de choc, sans préjudice sur le financement de l’économie.

Graphique 1 : La part des banques systémiques mondiales dans l’actif total des grandes banques diminue
Graphique 1 : La part des banques systémiques mondiales dans l’actif total des grandes banques diminue Source : S&P Market Intelligence – Échantillon de 97 grandes banques (dont 34 banques désignées au moins une fois comme systémiques sur la période étudiée)

Par Eric Monnet et Marie-Hélène Ferrer

À l’heure de la célébration des 75 ans de la conférence de Bretton Woods, ce billet revient sur l’histoire du système monétaire international du même nom (1944 – 1971). Le système de Bretton Woods ne fonctionna pas comme prévu. Plutôt que de cultiver le mythe d’un âge d’or, il est préférable de reconnaître la capacité d’adaptation du multilatéralisme monétaire et financier au cours du temps.

Graphique 1 : l’hôtel de la conférence de Bretton Woods (New Hampshire, USA)
Graphique 1 : l’hôtel de la conférence de Bretton Woods (New Hampshire, USA) Source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:The_Mount_Washington_Hotel,_Bretton_Woods,_NH.jpg

Par Edouard Vidon, Céline Rochon

Les cyberattaques sont devenues une menace majeure, notamment pour la stabilité financière mondiale. En décryptant l’interaction stratégique entre les cybercriminels et leurs cibles, la théorie des jeux fournit des indications précieuses, mettant en évidence les limites et les effets secondaires de politiques de dissuasion non coordonnées et l’importance du partage des informations entre autorités publiques. La coopération internationale est essentielle et le G7 montre la voie.

Graphique 1 La théorie des jeux en application : Comment la dissuasion peut maintenir le statu quo
Graphique 1 La théorie des jeux en application : Comment la dissuasion peut maintenir le statu quo Note : Adapté de Zagare, 2019

par Constant Bourdeloux, Henri de La Guéronnière, Cristina Jude, Astrid Labouret, (Banque de France) 

Les prêts à effet de levier (leveraged loans) sont des prêts accordés à des entreprises très endettées. Le fort dynamisme de ce marché aux États-Unis depuis cinq ans ainsi que l’intégration des leveraged loans à des produits financiers titrisés rappelle, à certains égards, le marché des subprimes ayant déclenché la crise de 2008. Si cette comparaison est discutable, les risques que fait peser ce marché sur la stabilité financière ne sont cependant pas à ignorer.

Graphique 1 : Encours de prêts à effet de levier institutionnels aux États-Unis et en Europe
Graphique 1 : Encours de prêts à effet de levier institutionnels aux États-Unis et en Europe Source : données S&P LCD et Bloomberg, calculs Banque de France. La taille exacte de ce marché est toutefois source de divergences, du fait du manque de données et de définition conventionnelle.

Par Thomas Ferrière et Laure Frey

L’endettement immobilier des ménages est un enjeu de stabilité financière, comme l’a montré la crise de 2008. Le risque est souvent apprécié à partir du ratio de la dette rapportée à la valeur du bien financé. Or les ratios très élevés recouvrent en grande partie des acquisitions hors résidence principale de ménages à plus hauts revenus qui ne sont pas nécessairement les plus risqués. L’examen de ce seul ratio ne suffit donc pas pour établir un diagnostic complet.

Graphique 1: Des ratios prêt-valeur (LTV) plus faibles pour les résidences principales
Graphique 1: Des ratios prêt-valeur (LTV) plus faibles pour les résidences principales (En % de la valeur 2014 du bien) Sources : Enquête Patrimoine 2014 de l’INSEE et calculs des auteurs

Par Vincent Grossmann-Wirth et Benoît Hallinger

La politique monétaire non conventionnelle de l’Eurosystème a conduit à l’accumulation d’un fort excédent de liquidité du système bancaire de la zone euro, concentré dans quelques pays. Depuis 2015, cette concentration s’explique avant tout par le programme d’achat de titres (APP) et la géographie des comptes et circuits de règlement liés à son exécution.

Graphique 1 : Forte concentration de l’excédent de liquidité sur quelques pays
Graphique 1 : Forte concentration de l’excédent de liquidité sur quelques pays Sources : BCE, Banque de France.

Par Bruno Cabrillac, Ludovic Gauvin, Jean-Baptiste Gossé, Florian Lalanne

Dans les pays où la dette publique est très élevée, un choc important pourrait empêcher de mener des politiques budgétaires contra-cycliques et accroître le risque de défaut. Des obligations indexées sur le PIB permettraient d’atténuer ces risques et d’éviter une restructuration coûteuse et déstabilisante. Une analyse contrefactuelle du cas grec illustre cette idée.

Graphique 1. Dette publique grecque : données observées et scenario sans restructuration avec des obligations indexées sur le PIB (en % du PIB) Source : FMI et calculs des auteurs. * En 2012 la dette grecque a été restructurée par le biais d’un Private Sector Involvement impliquant une décote de €107 milliards.

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