Politique Monétaire

Billet n°81
Publié le 28/08/2018

Par Jean Dalbard et Benoit Nguyen

En décembre 2018, l’Eurosystème aura acheté plus de 2500 milliards d’euros d’actifs dans le cadre de ses programmes d’achat (APP). Plusieurs principes encadrent ces achats, dont celui de « neutralité de marché ». Cette dernière vise à limiter les effets potentiellement distorsifs des achats sur le fonctionnement des marchés financiers, tout en permettant la transmission du stimulus monétaire à l’économie. Nous l’illustrons dans ce billet en comparant les techniques d’achats de l’Eurosystème à celles des autres banques centrales.

Graphique 1 : structure de la dette souveraine française et achats de l’APP, par maturité (mars 2018)
Graphique 1 : structure de la dette souveraine française et achats de l’APP, par maturité (mars 2018) Source : Bloomberg, Arrata et Nguyen (2017)
Billet n°80
Publié le 21/08/2018

Les objectifs d’inflation de la BCE et du Système fédéral de réserve impliquent un suivi étroit des mesures des anticipations d’inflation. À l’aide de quelles sources et de quelle manière l’ancrage de ces anticipations est-il mesuré ? Pour répondre à ces questions, ce billet rend compte d’une nouvelle approche : le calcul de la probabilité que l’inflation future se situe dans une fourchette compatible avec les objectifs d’inflation.

Graphique 1 Mesures de l’ancrage des anticipations d’inflation dans la zone euro et aux États-Unis (1999-2016)
Graphique 1 : Mesures de l’ancrage des anticipations d’inflation dans la zone euro et aux États-Unis (1999-2016) Source : Grishchenko, Mouabbi et Renne (2017)
Billet n°72
Publié le 19/06/2018

Par Christoph Grosse Steffen (avec Marcel Fratzscher et Malte Rieth)

Dans les pays en ciblage strict de l’inflation, la croissance est plus soutenue et l’inflation plus faible après de grands chocs dus à des catastrophes naturelles. Le ciblage de l’inflation peut donc être un important amortisseur de chocs, essentiellement grâce un policy mix différent. Une flexibilisation du régime de ciblage pourrait rendre la stabilisation des futures récessions plus difficile.

Les avantages du ciblage de l’inflation (=vert foncé) en cas de catastrophes importantes
Graphique 1 : Les avantages du ciblage de l’inflation (=vert foncé) en cas de catastrophes importantes Note. Effets d’une catastrophe naturelle pour laquelle les sinistres déclarés représentent 1% du PIB au trimestre t=0. Pays en ciblage d’inflation = gris foncé, pays sans ciblage d’inflation = vert clair. Source : Fratzscher, Grosse Steffen & Rieth (2017)
Billet n°67
Publié le 16/05/2018

Par Klodiana Istrefi

De nos jours, la politique monétaire est généralement décidée par des comités. L’histoire du Comité fédéral de l’open market (FOMC) aux États-Unis montre que les convictions du président de la Fed en matière économique et le centre de gravité des préférences du Comité en matière de politique monétaire ont une importance dans la prise de décision.

Graphique 1 : Les faucons et les colombes du Comité fédéral de l’open market (1960-2015) Source : Istrefi (2018)
Billet n°66
Publié le 14/05/2018

Pour lutter contre les récentes crises financières, les banques centrales ont adopté des stratégies inédites. En 2012, elles ont permis aux banques de la zone euro d'utiliser en garantie une gamme élargie de prêts aux entreprises pour emprunter à l'Eurosystème. Selon deux études récentes, cette politique a joué un rôle décisif pour favoriser les prêts bancaires aux entreprises durant la crise.

Graphique 1 : Évolutions comparatives du crédit aux entreprises nouvellement éligibles Source : Cahn, Duquerroy, and Mullins (2017).
Billet n°54
Publié le 21/03/2018

D’après certaines critiques, l’Eurosystème aurait pris trop de risques pour combattre la crise en acceptant des collatéraux de mauvaise qualité en garantie de ses opérations de refinancement. L’analyse exhaustive des collatéraux déposés auprès de la banque centrale conduit à réfuter ces critiques. Leur qualité a suivi celle des actifs disponibles sur le marché, et s’est fortement améliorée après l’annonce du Quantitative Easing.

Graphique 1. Qualité moyenne des actifs déposés en garantie auprès de l’Eurosystème et des actifs disponibles sur le marché (éligibles à la banque centrale) Source : Eurosystème, calculs des auteurs. Note : Les pays EPIGI sont l’Espagne, Portugal, Italie, Grèce, Irlande. Ne sont considérés ici que les actifs négociables.
Billet n°53
Publié le 15/03/2018

La prime de terme US est très faible en comparaison historique. Une hausse inattendue de 1 point de pourcentage (pp) de cette prime pourrait réduire la croissance du PIB de 0,4 pp aux US et de 0,25 pp dans la zone euro. Ces effets seraient moins importants si les autorités monétaires contraient la baisse de l’inflation.

Figure 1 : Primes de terme à 10 ans aux États-Unis, en Allemagne et dans la zone euro Note : Les primes de terme sur les obligations publiques à 10 ans sont estimées par NIESR. La prime de terme dans la zone euro correspond ici à la moyenne des primes de terme des pays membres, pondérée de la clé de répartition du capital de la BCE.
Billet n°45
Publié le 18/01/2018

Par Christoph Grosse Steffen, Adriana Lojschova et Adrian Penalver

La politique monétaire non conventionnelle a rouvert le débat sur la guerre des monnaies. La Réserve fédérale américaine a commencé la normalisation de son bilan; ceci a suscité la crainte de répercussions internationales. Toutefois, les effets des politiques conventionnelles et non conventionnelles sont peu différents. Une plus grande coordination internationale n’est donc ni plus ni moins appropriée avec deux instruments qu’avec un seul.

Billet n°44
Publié le 12/01/2018

La BCE a accordé des prêts à long terme (LTRO) aux banques afin de lutter contre la fragmentation financière (2011-2012). Pour certains, ces interventions ont eu des effets secondaires négatifs sur la soutenabilité budgétaire en supprimant la discipline de marché. Cette critique ne tient toutefois pas compte de l’effet sur la stabilisation du crédit à l’économie qui atténue la baisse du PIB et améliore la soutenabilité de la dette. Nous montrons que la solvabilité budgétaire est renforcée par la disponibilité temporaire de liquidité non conventionnelle de la BCE.

Billet n°42
Publié le 19/12/2017

Selon les dernières projections macroéconomiques de l’Eurosystème, l’inflation devrait demeurer nettement inférieure à 2 % en 2018. Certains commentateurs soutiennent que l’Eurosystème devrait s’ajuster à l’environnement d’inflation basse, et abaisser sa cible d’inflation. Cela ne serait toutefois pas une bonne idée. Un objectif d’inflation plus bas accroîtrait à terme la probabilité et la durée des épisodes de récession, entraînant ainsi l’inflation encore davantage en-dessous de cette nouvelle « cible ».

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