Politique Monétaire

Billet n°292
Publié le 25/11/2022

Depuis le mois de juillet 2022, la BCE a relevé ses taux directeurs de 200 points de base au total, successivement 50 pb puis deux fois 75 pb, soit les hausses les plus fortes depuis sa création. Dans quelle mesure se sont-elles transmises au marché monétaire, première étape de la transmission de la politique monétaire ? Sur le marché non sécurisé (€STR), la transmission a été presque parfaite, mais sur le marché sécurisé (repo), elle est restée incomplète.

Graphique 1 : Variations des taux du marché monétaire en blanc (juillet-novembre 2022) Source : BCE, Statistical Data Warehouse (Entrepôt de données statistiques). Note : DFR = Taux de la facilité de dépôt.
Billet n°285
Publié le 07/10/2022

Par Camille Cornand (Univ Lyon, CNRS, GATE), Paul Hubert

La politique monétaire consiste en partie à piloter les anticipations d’inflation des différents agents. De nouveaux éléments, issus de données américaines, sur la fréquence hétérogène de révision des prévisions et sur les désaccords au sein et entre diverses catégories d’agents suggèrent qu’un ciblage de la communication sur des groupes spécifiques pourrait être un précieux outil pour les banquiers centraux.

Figure 1 – Distribution des anticipations d’inflation aux États-Unis
Figure 1 – Distribution des anticipations d’inflation aux États-Unis Source : Calculs des auteurs.
Billet n°282
Publié le 01/09/2022

Les ratios de dette sur PIB ont fortement augmenté dans les économies avancées durant la Grande récession et la récente pandémie, et peuvent constituer une source de vulnérabilité. Certains économistes proposent d’indexer le service de la dette sur la croissance du PIB afin de fournir au gouvernement un stabilisateur automatique pour ses finances. Une nouvelle étude suggère que les obligations indexées sur le PIB sont plus coûteuses pour le gouvernement et empêchent les risques extrêmes élevés de peser sur les ratios dette/PIB seulement à court terme.

Figure 1 – Rendements réels observés vs attendus des obligations à un an avec une valeur faciale unitaire
Graphique 1 – Rendements réels observés vs attendus des obligations à un an avec une valeur faciale unitaire Source : Mouabbi, Renne and Sahuc (2021)
Billet n°281
Publié le 01/08/2022

Le co-mouvement des rendements des obligations souveraines est inhabituellement marqué sur la période la plus récente. Un facteur mondial explique généralement une grande partie de la variation des rendements à 10 ans, mais ce qui est particulièrement frappant au cours des derniers mois, c’est l’importance de ce facteur pour expliquer les rendements à 2 ans. Cela suggère qu’un choc commun détermine les anticipations relatives à la politique monétaire dans les grandes économies avancées.

Figure 1 Décomposition des rendements souverains français à 2 ans et à 10 ans  en fonction du facteur mondial/local
Figure 1 Décomposition des rendements souverains français à 2 ans et à 10 ans en fonction du facteur mondial/local Sources : Bloomberg, calculs des auteurs. Notes : Les lignes continues représentent les rendements. Les zones colorées indiquent la contribution de chaque facteur par rapport au taux moyen sur la période 2015-2022. Dernière observation : 06/07/2022.
Billet n°277
Publié le 04/07/2022

Dans un contexte où les emplois industriels peuvent être remplacés par des robots, ce billet montre que la politique monétaire se transmet de façon différente selon le degré de robotisation d’un secteur industriel. Les emplois dans les industries fortement robotisées sont deux fois moins sensibles à une variation de taux d’intérêt que ceux dans les industries peu robotisées.

Graphique 1 : La transmission de la politique monétaire est affaiblie dans les industries fortement robotisées
Graphique 1 : La transmission de la politique monétaire est affaiblie dans les industries fortement robotisées Source : Calcul de l’auteur.
Billet n°275
Publié le 23/06/2022

Par Paul Bouche, Julien Demuynck, Erwan Gautier, Frédérique Savignac

La Banque de France publie pour la première fois les résultats d’une enquête sur les anticipations d’inflation des chefs d’entreprise, collectées depuis fin 2021. Les anticipations d’inflation à un an ont augmenté depuis le début de l’année et leur médiane atteint 5% au 2ème trimestre 2022. Les anticipations à plus long terme (3-5 ans) progressent aussi mais plus lentement, avec une médiane à 3%. Cette enquête a été réalisée avant la normalisation de la politique monétaire de la BCE annoncée le 9 juin et qui devrait contribuer à « réancrer » progressivement les anticipations d’inflation.

Graphique 1 : Évolution des anticipations d’inflation depuis fin 2021 en France  (médianes en %)
Graphique 1 : Évolution des anticipations d’inflation depuis fin 2021 en France (médianes en %) Note : médiane pondérée par les effectifs de l’entreprise et la valeur ajoutée sur secteur de l’entreprise, 1% des réponses les plus élevées ne sont pas prises en compte dans les calculs. Source : Enquête AI-Banque de France.
Billet n°261
Publié le 15/03/2022

L’objectif d’inflation d’une banque centrale peut être formulé en utilisant une cible ponctuelle, une zone cible ou une combinaison des deux avec des bandes de tolérance autour d’une cible ponctuelle. Dans ce billet, nous montrons les inconvénients d’une zone cible pour l’ancrage des anticipations d’inflation et la stabilisation macroéconomique. L’analyse conforte ainsi l’adoption par la BCE d’une cible d’inflation ponctuelle claire et symétrique de 2 %.

Graphique 1 : Objectifs d’inflation, T2 2020
Graphique 1 : Objectifs d’inflation, T2 2020 Source : Sites internet des banques centrales, illustration des auteurs.
Billet n°253
Publié le 31/01/2022

Par Julien André, Yannick Kalantzis , Antoine Lalliard et Paul Vertier

Le coût des logements occupés par leurs propriétaires n’est pas pris en compte dans la mesure harmonisée de l’inflation publiée en zone euro. Plusieurs méthodes existent pour l’inclure, parmi lesquelles les loyers imputés ou les prix d’acquisition. Intégrer ce coût dans la mesure de l’inflation produit des effets différents selon la méthode retenue, avec des ampleurs et des signes variables au cours du temps.

Figure 1 :  IPCH et IPCH étendu avec les loyers imputés et le prix d’acquisition des logements en zone euro (glissement annuel, en %)
Figure 1 : IPCH et IPCH étendu avec les loyers imputés et le prix d’acquisition des logements en zone euro (glissement annuel, en %) Source : Eurostat pour l’IPCH, calculs Banque de France pour l’IPCH étendu. Par convention, le poids retenu pour le prix des logements occupés par leur propriétaire est de 15% pour la zone euro.
Billet n°251
Publié le 18/01/2022

Sur la période récente, l’expansion monétaire comme l’expansion budgétaire ont été nécessaires dans la zone euro pour soutenir la demande et l’inflation, réduire les coûts de la crise pandémique et garantir une reprise solide. Des conflits d’objectifs entre ces deux politiques pourraient cependant réapparaître dans le futur, notamment du fait de l’accumulation continue de dette publique et de la forte augmentation de la taille du bilan de l’Eurosystème. S’appuyant sur les travaux menés au cours de la récente évaluation stratégique de la BCE, ce billet rappelle les récentes mesures monétaires et budgétaires et présente certains des arbitrages pour la période post-pandémie.

Graphique 1. Ratio dette publique/PIB dans la zone euro et ses principaux pays (axe de gauche) et évolution du bilan de l’Eurosystème/PIB (axe de droite) Source : Eurostat, comptes nationaux, données de l’Eurosystème. Calculs des auteurs.
Billet n°250
Publié le 14/01/2022

La politique monétaire de la Fed influe sur la structure de la dette des entreprises américaines. Une politique monétaire (PM) conventionnelle expansionniste accroît les prêts bancaires des entreprises et réduit leurs émissions d’obligations, tandis qu’une PM non conventionnelle expansionniste stimule les émissions d’obligations via le canal du rééquilibrage des portefeuilles, plutôt que via celui des prêts bancaires.

Figure 1 : Évolution des prêts et des titres de dette des sociétés non financières aux États-Unis
Figure 1 : Évolution des prêts et des titres de dette des sociétés non financières aux États-Unis

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