Politique Monétaire

La dynamique récente de l’inflation dans les pays avancés s’avère difficile à comprendre et à prévoir. Ce billet explore l’apport des projections de Consensus Economics Inc. dans la prévision de l’inflation totale en France, à échéance un an, sur la période 2009-2019.

Graphique 1 : Capter la tendance d’inflation à partir des projections de Consensus Economics Inc.
Graphique 1 : Capter la tendance d’inflation à partir des projections de Consensus Economics Inc. Sources : INSEE, Consensus Economics Inc. et calculs de l’auteur. Note : Inflation totale (IPCH en glissement annuel), moyenne des projections d’inflation pour l’année N+1 de Consensus Economics Inc. et tendance d’inflation pour la France

La BCE évalue et communique une balance des risques pour la stabilité des prix et la croissance. Celle-ci fournit des informations utiles sur l’appréciation par le Conseil des gouverneurs des risques pesant sur les perspectives de la zone euro. En faisant abstraction des mesures de politique monétaire non conventionnelles, l’analyse depuis mi-2003 montre que : a) aux risques à la hausse pour l’inflation sont associés des hausses de taux, b) aux risques à la baisse pour la croissance des baisses de taux, et c) dans le cas de signaux contradictoires, la priorité est donnée à l’inflation.

Graphique 1. Balance des risques et taux directeurs de la BCE
Graphique 1. Balance des risques et taux directeurs de la BCE Sources : BCE et calculs des auteurs.

Par Grégory Levieuge (Banque de France, Université d’Orléans)

Une banque centrale crédible peut orienter plus facilement les anticipations des agents, et par conséquent, les taux d’intérêt de long terme. La crédibilité rendrait donc moins nécessaire un usage intensif des taux directeurs. On relève effectivement une relation inverse entre crédibilité et volatilité des taux d’intérêt.

Lien inverse entre crédibilité et volatilité du taux d’intérêt
Graphique 1 : Lien inverse entre crédibilité et volatilité du taux d’intérêt Note : "Crédibilité" est l’indicateur proposé par Levieuge & Al. (2018), compris entre 0 (crédibilité minimale) et 1 (crédibilité maximale). La variance conditionnelle du taux d’intérêt traduit la volatilité du principal instrument de politique monétaire.

Le taux d’intérêt de court terme ne reflète pas pleinement les conditions financières, surtout lorsqu’il avoisine sa valeur plancher. Les institutions financières et les banques centrales utilisent donc d’autres indicateurs plus riches en information, tels que les indices des conditions financières (ICF). Nous proposons un nouvel ICF intégrant des pondérations variables dans le temps qui identifie les sources d’évolution des conditions financières.

Graphique 1 : Dynamique de l’ICF de la Banque de France pour la zone euro
Graphique 1 : Dynamique de l’ICF de la Banque de France pour la zone euro Sources : Bloomberg et calculs des auteurs

Par Pierre Guerin, Adrian Penalver et Pierre-François Weber

L'excédent de liquidité dans la zone euro a augmenté moins vite que les injections liées à la politique monétaire non conventionnelle. Une partie de la liquidité a été absorbée par les dépôts non monétaires ouverts dans les banques centrales nationales. Le rythme avec lequel la liquidité se raréfiera à mesure de la normalisation monétaire – entrainant à terme une dérive des taux interbancaires au-dessus du taux de la facilité de dépôt - dépendra aussi de l'évolution et du niveau de la demande autonome de liquidité.

Excédent de liquidité  exceptionnellement élevé en raison de la politique monétaire non conventionnelle
Graphique 1 : Excédent de liquidité exceptionnellement élevé en raison de la politique monétaire non conventionnelle Source : Entrepôt de données statistiques de la BCE. Les ruptures de lignes correspondent à la période pendant laquelle l'Eurosystème est passé de 12 à 8 périodes de maintenance par an. EAPP : Programme élargi d'achat d'actifs

L’incertitude des marchés a, en moyenne, diminué après chacune des réunions de politique monétaire du Conseil des gouverneurs de la BCE, et plus encore ces dernières années. En particulier, les annonces relatives aux achats d’actifs ont eu un effet fortement modérateur sur l’incertitude, signe de l’efficacité de la communication de la BCE malgré la complexité croissante des politiques non conventionnelles.

Graphique 1 : L’incertitude des marchés diminue les jours de réunion du Conseil des gouverneurs de la BCE
Graphique 1 : L’incertitude des marchés diminue les jours de réunion du Conseil des gouverneurs de la BCE

Par Jean Dalbard,  Hervé Le Bihan et Raphaël Vives

Le Conseil des gouverneurs de la BCE a confirmé lors de sa réunion du 13 décembre 2018 l’arrêt, à la fin de l’année, des achats nets d’actifs, débutés à la fin 2014. L’assouplissement quantitatif se poursuit cependant : il dépend principalement non des flux d’achats mais du stock d’actifs détenu par l’Eurosystème. Ce dernier restera inchangé tant que se poursuivra le réinvestissement des tombées de titres arrivant à maturité.

Graphique 1: Achats d’actifs de l’Eurosystème et réinvestissements depuis mars 2015
Graphique 1: Achats d’actifs de l’Eurosystème et réinvestissements depuis mars 2015 Source : BDF, BCE Note : Flux d’achats de l’ensemble des programmes APP, en milliards d’euros. En pointillé la cible d’achats notionnelle fixée par le Conseil des Gouverneurs. Mars 2015 : début des achats de titres publics

Par Vincent Grossmann-Wirth et Benoît Hallinger

La politique monétaire non conventionnelle de l’Eurosystème a conduit à l’accumulation d’un fort excédent de liquidité du système bancaire de la zone euro, concentré dans quelques pays. Depuis 2015, cette concentration s’explique avant tout par le programme d’achat de titres (APP) et la géographie des comptes et circuits de règlement liés à son exécution.

Graphique 1 : Forte concentration de l’excédent de liquidité sur quelques pays
Graphique 1 : Forte concentration de l’excédent de liquidité sur quelques pays Sources : BCE, Banque de France.

Les femmes sont sous-représentées dans la gouvernance des banques centrales. En 2018, sur 173 banques centrales, seules 11 sont dirigées par une femme. À elle seule, l’éthique justifie un rééquilibrage hommes-femmes à ce niveau, mais on pourrait se demander si les femmes ont une orientation différente de celle des hommes s’agissant des objectifs de politique monétaire ? Pas nécessairement, si l’on étudie l’histoire des membres du FOMC de la Fed.

Les femmes sont faiblement représentées dans les comités de décision de politique monétaire
Graphique 1. Les femmes sont faiblement représentées dans les comités de décision de politique monétaire Note : CG, Conseil des gouverneurs de la BCE (1998-2018) ; FOMC, Comité fédéral de l’open market de la Fed (1960-2015) ; MPC, Comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre (1997-2018).

Par Stéphane Dupraz

Plusieurs experts renommés au sein de la banque centrale américaine prônent un nouveau cadre de politique monétaire : le ciblage du niveau des prix. De quoi s’agit-il, et quels sont ses avantages et ses inconvénients par rapport au cadre actuel de ciblage de l’inflation ? Son principal mérite serait d’intégrer la politique de maintien de taux bas après une récession – outil jusqu’alors non conventionnel – dans un cadre conventionnel.

Niveaux des prix aux États-Unis et dans la zone euro depuis 1998
Graphique 1. Niveaux des prix aux États-Unis et dans la zone euro depuis 1998.

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