Globalisation

Personne ne gagnerait à une guerre commerciale. Un relèvement généralisé de 10 points de pourcentage des droits de douane à l’importation pourrait réduire le PIB mondial de 1 % après deux ans. En outre, une baisse de la productivité, une hausse du coût de financement du capital et une plus faible demande d’investissement viendraient augmenter le coût du protectionnisme. Au total, la réduction du PIB mondial en volume atteindrait 3 % en deux ans.

Impact d’une hausse généralisée de 10 pp des droits de douane sur le PIB mondial en volume
Graphique 1 : Impact d’une hausse généralisée de 10 pp des droits de douane sur le PIB mondial en volume Source : calcul des auteurs

On assimile souvent réduction des déséquilibres du compte des transactions courantes et résorption des exportations ou des importations. Toutefois, les éléments hérités du passé peuvent développer leur propre dynamique en raison des flux de revenus qu’ils engendrent. En effet, quand les engagements extérieurs sont importants, l’ajustement du compte courant peut être entravé par des flux de revenus négatifs élevés et ce malgré des améliorations substantielles du solde commercial.

Figure 1 Dynamique des comptes courants
Figure 1 Dynamique des comptes courants Source : BoPS, FMI. Notes : Export. pétrole = Exportateurs de pétrole.

La part des importations des pays à bas salaire dans la consommation des ménages français a triplé de 1994 à 2014. Moins chères, ces importations ont exercé des pressions à la baisse sur l’inflation en France de 0,17 pp par an en moyenne. Cet effet direct des importations depuis 1994 représenterait un gain d’environ 1000 euros sur la consommation moyenne par ménage en 2014. Ne sont toutefois pas pris en compte ici les effets indirects de l’ouverture au commerce international sur le pouvoir d’achat, via les salaires et l’emploi.

Graphique 1 : Part des importations dans la consommation (en %) Source : Carluccio et al. (2018) à partir des données des Douanes et de l’Insee Note : Seules les importations de biens finaux entrant directement dans la consommation des ménages sont comptabilisées.

Google, Apple, Facebook, Amazon, ces entreprises géantes illustrent un phénomène plus général de concentration qui touche tous les secteurs aux États-Unis. Cette tendance contribue à la hausse de la part des profits et à la baisse de celle du travail dans le revenu intérieur, ainsi qu’à l’accroissement des inégalités. Elle est associée à une baisse du taux de création de nouvelles entreprises et de nouveaux emplois, pouvant peser à terme sur la croissance américaine.

Les effets du taux de change sur les exportations des entreprises européennes dépendent fortement de leur productivité. Les exportations des entreprises les plus productives réagissent moins au taux de change que celles des entreprises peu productives. À l’échelle macroéconomique, cela tend à réduire les effets du taux de change sur le commerce.

Ce billet résume une étude sur la période 1995-2007 n’intégrant que les effets locaux de la concurrence chinoise sur le marché du travail en France : celle-ci a exercé une pression à la baisse sur l’emploi manufacturier et le salaire horaire moyen; elle a aussi modifié la distribution des salaires, avec toutefois des effets limités sur les salaires les plus bas, probablement en raison du plancher que représente le SMIC.

Le lien entre flux de capitaux, parfois très volatils, et crédit domestique est devenu un défi majeur pour la stabilité financière. Ceci explique la mise en place de mesures de gestion des flux de capitaux dans certains pays. La sensibilité du crédit aux investissements transfrontaliers est amplifiée par la rigidité du régime de change et par la présence de banques étrangères. Les implications pour les politiques contracycliques sont importantes.

par Eric Monnet et Damien Puy

À l’heure où s’annonce la première reprise synchronisée de la croissance mondiale depuis la crise financière de 2007-2008, il est naturel de s’interroger à nouveau sur les liens entre la synchronisation des cycles économiques et l’ouverture financière. Une baisse des flux de capitaux internationaux atténuerait-elle la synchronisation des cycles nationaux ? Une perspective historique montre que, contrairement à une idée reçue, les périodes de plus faible intégration financière mondiale n’ont pas été associées à un plus faible degré de synchronisation des cycles économiques.

Guillaume Gaulier , Walter Steingress & Soledad Zignago

Depuis cinq ans, la croissance du commerce mondial est proche de celle de l'activité industrielle après avoir été deux fois plus rapide avant 2008. Ce ralentissement s’explique largement par le rééquilibrage de la Chine vers sa demande interne et la production de services. Une croissance quasi parallèle du commerce et de l’activité industrielle mondiale devient dès lors la « norme », si l’on exclut un recul du commerce dû à une montée du protectionnisme.

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