Développement économique actuel

Par Philippe Aghion (LSE, Collège de France et CEPR), Antonin Bergeaud, Gilbert Cette, Rémy Lecat, Helene Maghin (KU Leuven). Note : ce billet a été d’abord publié en anglais sur vox.eu

Quel est l’impact sur la productivité des contraintes de crédit ? Un durcissement de ces contraintes rend plus difficile le financement de l’innovation, avec à long terme des effets néfastes sur la productivité. Mais cela pousse également les entreprises en place les moins performantes à sortir du marché, facilitant l’arrivée d’entreprises plus performantes. La combinaison de ces deux effets opposés génère une relation en U inversé entre l’accès au crédit et la productivité.

Graphique 1 : Écart de taux d’intérêt sectoriel et croissance de la productivité (PGF)
Graphique 1 : Écart de taux d’intérêt sectoriel et croissance de la productivité (PGF)

1er prix du concours organisé par Bloc-notes Éco, édition 2019 - Par Nicolas Laine (ESCP)

La révolution technologique, parce qu’elle pénètre toutes les sphères de notre vie quotidienne, suscite nombre d’interrogations. Espoirs réels ou inquiétudes légitimes ? Pour démêler le vrai du faux, intéressons-nous à cette petite conversation entre deux amis, entendue au détour de la rue Croix des Petits Champs…

Source : auteur, avec l’aide d’Ariane Mostamandy pour les dessins

Si la pérennité d’une expansion peut intuitivement être associée à son âge, l’étude des données historiques du PIB de la zone euro révèle que ce n’est pas le cas. Les expansions âgées ne sont pas plus susceptibles de disparaître que les jeunes. À l’instar des Elfes de J.R.R Tolkien, les expansions sont « biologiquement immortelles » : elles ne meurent pas de vieillesse, mais de causes exogènes.

La pérennité des expansions ne dépend pas de leur âge
Graphique 1 – La pérennité des expansions ne dépend pas de leur âge Source : Calcul de l’auteur. Le modèle de Durland et McCurdy (1994) est appliqué au taux de croissance de la zone euro.

Par Barbara Castelletti-Font, Pavel Diev et William Honvo

De fortes tensions sur les marchés financiers peuvent conduire à des erreurs de prévision importantes de la croissance trimestrielle du PIB. Ce billet s’intéresse à l’impact des variables financières sur la prévision à court terme de PIB en France. Un indicateur de conditions financières peut donner une information qualitative utile au prévisionniste sur les risques liés à la prévision centrale.

Graphique 1 : Relation entre l’indicateur de stress financier (CLIFS) et la croissance du PIB en France
Graphique 1 : Relation entre l’indicateur de stress financier (CLIFS) et la croissance du PIB en France Sources : Banque de France, BCE et INSEE

Par Ludivine Berret, Marie-Hélène Ferrer et Céline Rochon

Dans un monde marqué par une réduction des marges de manœuvre budgétaires et monétaires ainsi que par une montée des risques, renforcer le filet de sécurité mondial est souhaitable, en plus d’une meilleure coordination des politiques macroéconomiques. Ce sujet, discuté au sein du G7 sous Présidence française, plaide pour un multilatéralisme accru (cf. billet « Le G7, un moteur du multilatéralisme ? »).

Graphique 1 : Évolution de la taille et de la composition du filet de sécurité mondial*
Graphique 1 : Évolution de la taille et de la composition du filet de sécurité mondial* Source: FMI, Adequacy of the Global Financial Safety Net, 2016.

Par Clémence Berson, Hadrien Camatte, Antoine Lalliard et Julien Le Roux

Le « cône de Phillips » est un éventail de valeurs possibles de l’inflation obtenu à partir de différentes spécifications de la courbe de Phillips. La prévision d’inflation zone euro de l’Eurosystème de juin 2019 est un peu inférieure à la prévision médiane du cône de Phillips sur toute la période de projection et même légèrement au-dessous du cône en début de prévision. Elle est, en ce sens, assez prudente.

Graphique 1 : En zone euro, une prévision d’inflation prudente au regard du cône de Phillips
Graphique 1 : En zone euro, une prévision d’inflation prudente au regard du cône de Phillips Source : Eurostat, Eurosystème, calcul des auteurs. Note : au-delà du 1er trimestre 2019 est tracée en noir la projection de l’Eurosystème de juin 2019.

Par Florens Odendahl (Banque de France)

Considérer les résultats économiques futurs comme intrinsèquement incertains donne lieu à la notion de risque économique. Par exemple, quelle est la probabilité d’une baisse de la croissance future du PIB ? En élargissant ce concept à l’analyse de plusieurs variables, on peut, par exemple, s’interroger sur l’évolution conjointe des risques pour la croissance du PIB et l’inflation.

Figure 1 : La tendance centrale à elle seule ne reflète pas les informations relatives au risque macroéconomique
Graphique 1 : La tendance centrale à elle seule ne reflète pas les informations relatives au risque macroéconomique Source : Adrian et al. (2019) Note : Prévision de densité à un an de la croissance du PIB réel des États-Unis.

Les décisions de politique monétaire requièrent une évaluation préalable de différents scénarios économiques, y compris les plus extrêmes. Apprécié sur la base de l’indice des conditions financières de la Banque de France, le niveau des risques d’origine financière susceptibles de peser sur la distribution de la croissance future du PIB de la zone euro serait aujourd’hui limité.

Graphique 1 : Évolution de la distribution prévue de la croissance trimestrielle du PIB de la zone euro entre 2001 et 2018
Graphique 1 : Évolution de la distribution prévue de la croissance trimestrielle du PIB de la zone euro entre 2001 et 2018 Sources : Eurostat, Banque de France, calculs des auteurs.Note : Ce graphique représente pour chaque trimestre la répartition des prévisions du taux de croissance trimestriel du PIB pour le trimestre suivant, obtenue à partir de l’approche Growth at Risk

Par Gilbert Cette, Jimmy Lopez et Jacques Mairesse

L’effet positif sur la productivité d’une réduction des régulations sur le marché des biens et de la législation protectrice de l’emploi explique les nombreuses réformes structurelles dans les pays de l'OCDE. De nouvelles évaluations de la création et du partage des rentes montrent qu’une nouvelle déréglementation du marché des biens pourrait accroître substantiellement la productivité en France et en Italie.

Graphique 1 : Gains de PGF attendus d’une déréglementation des marchés de biens
Graphique 1 : Gains de PGF attendus d’une déréglementation des marchés de biens Sources : Calculs des auteurs fondés sur l’hypothèse d’un passage aux réglementations les plus pro-concurrentielles.

Le US Tax Cuts and Jobs Act mis en œuvre en 2018 a un impact sur l’activité aussi bien nationale qu’internationale des sociétés américaines. Néanmoins, la réduction de l’impôt sur les sociétés n’a eu qu’un effet transitoire sur la composition des revenus des investissements directs étrangers des États-Unis, sans entraîner jusqu’à présent d’amélioration significative du solde commercial.

Source : US Bureau of Economic Analysis (BEA)
Graphique 1. Revenu primaire aux États-Unis Source : US Bureau of Economic Analysis (BEA)

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