Développement économique actuel

Par Jean-Baptiste Gossé (Banque de France) et Roger Vicquéry (London School of Economics)

Un système d’assurance chômage fédéral est en place depuis plus de 80 ans aux États-Unis. Il a contribué à amortir les effets des crises sans nécessiter de transferts budgétaires importants entre États fédérés. Ceci fournit l’exemple d’un système d’assurance chômage fondé sur des transferts temporaires et sur un modèle de subsidiarité entre niveaux fédéral et étatique.

Graphique 1. Des transferts fédéraux permanents limités hors crises exceptionnelles
Graphique 1. Des transferts fédéraux permanents limités hors crises exceptionnelles Note. Transferts nets annuels en % du PIB. Crise exceptionnelle : hausse du taux de chômage de plus de 5 points sur trois ans. Sources : calculs des auteurs à partir des données du NBER, Department Of Labor et Bureau of Economic Analysis.

Par Rafael Cezar et Florian Le Gallo

Les échanges de l’Union européenne avec les Etats-Unis dégagent un fort excédent commercial mais sont aussi marqués par un large déficit des revenus d’investissements directs. Ce dernier reflète certains choix des firmes multinationales relatifs à la localisation de leurs activités, notamment l’implantation de filiales américaines en Europe. Nous proposons de décrire ces échanges transatlantiques par un agrégat plus large que le seul solde de biens et services.

Un solde élargi UE – États-Unis quasi-équilibré entre 2012 et 2017
Graphique 1 : Un solde élargi UE – États-Unis quasi-équilibré entre 2012 et 2017 Sources : Eurostat (exportations de biens douaniers, services hors finance) et BEA (importations de biens douaniers, services financiers, revenus d’investissements directs. Calculs des auteurs.

Par Ludivine Berret, Bruno Cabrillac et Céline Rochon

Pour répondre à la crise de 2008, les pays du G7 ont dû mobiliser plusieurs leviers de politique économique, en particulier monétaire et budgétaire, si bien que leur capacité à relancer l’économie ou à faire face à une nouvelle crise s’est réduite. En conséquence, la tentation de mener des politiques non coopératives pourrait être exacerbée malgré ses effets néfastes. Bien que le poids du G7 dans l’économie mondiale ait sensiblement reculé, ce forum dont la France a pris la présidence en 2019, est l’espace privilégié pour prévenir cette tentation.

Graphique 1 : Réduction du poids du G20 et du G7 dans le PIB nominal mondial
Graphique 1 : Réduction du poids du G7 dans le PIB nominal mondial Source: Datastream et FMI-World Economic Outlook. (WEO)

Par Clément Mazet-Sonilhac et Clément Malgouyres (avec Juan Carluccio et Thierry Mayer)

La diffusion des technologies de l’information et de la communication (TIC) est considérée comme un facteur de croissance économique, notamment dans les pays développés. En particulier, la diffusion de l’internet haut débit pourrait améliorer la capacité des entreprises à trouver à l’étranger des partenaires commerciaux et des biens adaptés à leurs besoins. En France, le déploiement de l’ADSL entre 1998 et 2008 est corrélé à une augmentation significative des importations des entreprises.

Une décennie de déploiement progressif de l’internet haut débit
Graphique 1 : Une décennie de déploiement progressif de l’internet haut débit Source : Banque de France et calcul des auteurs

Par Gilbert Cette et Ombeline Jullien de Pommerol

Un épuisement de la diffusion des technologies de l’information et de la communication (TIC) et de leurs effets sur la croissance apparait au début des années 2000 dans les pays développés. Cela suggère une pause dans la troisième révolution industrielle avant le choc naissant de l’économie numérique.

Graphique 1 – Stabilisation du Coefficient de capital TIC en valeur depuis 2000
Graphique 1 – Stabilisation du Coefficient de capital TIC en valeur depuis 2000 Source : calculs des auteurs sur la base de données d’investissement en TIC fournies par l’OCDE.

Par Adrien Boileau et Olivier Gonzalez

La loi de modernisation de l’économie a réduit les délais de paiement en les plafonnant, pour l’essentiel, à 60 jours. Aujourd’hui, les délais moyens sont stables, mais les retards continuent de peser sur la trésorerie des entreprises qui semblent peu enclines à payer leurs fournisseurs plus vite pour ne pas fragiliser leur solvabilité. Pourtant, concilier ces deux objectifs est possible.

Graphique 1 : Nette réduction des délais fournisseurs et clients imputable à la loi de modernisation de l’économie (LME)
Graphique 1 : Nette réduction des délais fournisseurs et clients imputable à la loi de modernisation de l’économie (LME) Source : Banque de France – base FIBEN, données à fin octobre 2017.

Par Hadrien Camatte et Jean-François Ouvrard

Selon les comptes nationaux révisés en mai 2018, la capacité de financement des sociétés non financières, qui s’est établie à -0,4 point de PIB en 2017, est en légère amélioration depuis 10 ans. Ceci traduit essentiellement la forte baisse des charges financières nettes, alors même que le poids des rémunérations et de l’investissement brut dans la valeur ajoutée a augmenté.

Diagnostic plus favorable sur la capacité de financement des SNF en base
Graphique 1 : Diagnostic plus favorable sur la capacité de financement des SNF en base 2014 (en % du PIB) Source : Insee, comptes nationaux

Les flux d’investissement direct étranger (IDE) sont souvent assimilés à un complément à l’épargne domestique qui faciliterait le financement des projets locaux d’investissement. Toutefois, du fait de l’accroissement de la pression concurrentielle, ils exercent, à court terme, un effet d’éviction sur l’investissement domestique dans les pays en transition. Cet effet est atténué si les marchés financiers locaux sont suffisamment développés.

Les investissements domestiques souffrent d’un effet d’éviction suite à l’entrée des IDE.
Graphique 1 : Les investissements domestiques souffrent d’un effet d’éviction suite à l’entrée des IDE. Note : Courbe bleue foncée : effet des flux d’IDE sur l’investissement domestique ; courbe rouge : IDE greenfield (création d’une nouvelle entreprise ex nihilo) ; droite bleue pointillée : fusions et acquisitions.

Par Stéphane Lhuissier
La crise financière de 2008 et la crise de la dette souveraine dans la zone euro ont entraîné des récessions majeures, alors que l’éclatement de la bulle technologique en 2000 n’a eu qu’un impact macroéconomique modéré. Ce principe du « tout ou rien » résulte du phénomène d’amplification : dans un système financier fragile, les agents sont plus sensibles aux changements des conditions financières.

Graphique 1 – Effets différenciés d’un choc financier négatif sur la production industrielle dans la zone euro
Graphique 1 – Effets différenciés d’un choc financier négatif sur la production industrielle dans la zone euro Note : Réponses impulsionnelles de la production à un choc financier. L’ampleur du choc financier est la même dans les deux cas. La ligne en tiret-points retrace la médiane et les lignes continues correspondent à des intervalles de probabilité de 68 %.

Par Guy Levy-Rueff

Les ratios de dette publique française et allemande (en % du PIB) étaient proches au début des années 2000. Depuis 2010, ce ratio décroît rapidement en Allemagne, mais a continué à progresser en France. Une modélisation simple montre que le contexte économique et financier est maintenant favorable pour enclencher une diminution durable de la dette publique française, à condition d’amplifier l’effort de modération des dépenses publiques.

Dette  publique en % du PIB  en France et en Allemagne selon différents scénarios
Graphique 1 : Dette publique en % du PIB en France et en Allemagne selon différents scénarios Sources : Eurostat sur le passé, calculs BdF sur le futur

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