Croissance à long terme

Par B. Cabrillac, L. Jacolin, A. Noah

L’intensification de la concurrence dans les pays d’Afrique subsaharienne (ASS) a un impact ambigu sur le risque de crédit. L’amélioration de la gestion et de l’intermédiation opérées par les établissements qu’elle induit peut, à partir d’un certain seuil, être compensée par des prises de risque croissantes. Renforcer les dispositifs prudentiels permettrait de tirer le meilleur parti de la concurrence bancaire.

Graphique 1 : La concurrence bancaire réduit-elle ou accroit-elle le risque de crédit en ASS ?
Graphique 1 : La concurrence bancaire réduit-elle ou accroit-elle le risque de crédit en ASS ? Source : Brei et al, 2018. Relation entre degré de concurrence bancaire (l’indice de Lerner, compris entre 0 et 1, mesure le pouvoir de marché des banques) et risque de crédit (Prêts non-performants : créances douteuses / total crédits)

Par Pierre Sicsic

En France, le taux de marge brut des sociétés non financières (SNF) a atteint 32% en 2016, soit le niveau du début des années 2000. Leur taux de marge net est de 15% en 2016 contre 18% dans les années 2000. Ainsi, les agrégats « nets » de la dépréciation du capital donnent une image différente du compte des SNF. En outre, leur taux d’épargne net serait voisin de zéro : leur stock de capital fixe ne s’accroîtrait alors que par des financements externes.

Graphique 1 : Taux de marge brut et net des SNF françaises Source : Insee, tableau 7.101. Compte des sociétés non financières (S11).

Cette étude montre que les mesures budgétairement neutres – c’est-à-dire les changements dans la composition des dépenses et des recettes de l’État qui laissent le budget inchangé ex ante – peuvent stimuler la croissance économique. Toutefois, tous les ménages ne sont pas affectés de manière égale. De plus, les effets macroéconomiques sont plus importants lorsque ces mesures sont accompagnées d’une politique monétaire accommodante.

Graphique 1 : PIB et investissement privé Source : Bussière et al (2017)

Antonin Bergeaud, Gilbert Cette et Remy Lecat

La croissance économique reste très largement inexpliquée par les seuls facteurs de production travail et capital. La prise en compte de leur qualité, ainsi que de la diffusion de l’innovation, réduit d’environ de moitié la part inexpliquée de la croissance. Notre ignorance reste donc forte concernant les sources d’une large part de la croissance.

En France, l’accès à la propriété s’est fortement dégradé pour les jeunes ménages modestes depuis les années 70. Au-delà des prix immobiliers et des conditions d’emprunt, les évolutions des configurations familiales (plus de monoparentalité et d’urbanisation) expliquent en partie ce décrochage. Les aides reçues (donations et héritages notamment) creusent l’écart entre les jeunes ménages les plus modestes et les plus aisés.

En 2017, l’activité française devrait accélérer aux environs de 1,6%. Au-delà du soutien de la politique monétaire, des réformes structurelles ambitieuses sont nécessaires pour relever son rythme potentiel actuel qui dépasse difficilement 1 point 1/4. Ces réformes concernent notamment l’éducation, la formation professionnelle, le droit du travail et la concurrence.

Rémy Lecat avec Antonin Bergeaud et Gilbert Cette

La progression du niveau de vie moyen s’affaiblit continûment sur les dernières décennies dans toutes les économies les plus développées. Cet essoufflement, qui renvoie à celui de la productivité, nourrit la crainte d’avoir amorcé une période de stagnation séculaire. En fait, un potentiel de rattrapage important existe dans de nombreux pays, notamment en Europe, mais sa concrétisation nécessite la mise en œuvre déterminée de réformes structurelles.

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